le Franglais

Publié le par Marion

Cela fait maintenant 2 ans que je suis dans un environnement majoritairement anglophone. Et, depuis quelques semaines, l'anglais commence à prendre le dessus sur le Français. Ne croyez pas que je parle aussi bien anglais que français, loin de là. Mais il se trouve que lorsque je me mets à parler français, certains mots sortent naturellement en anglais et j'ai besoin de quelques secondes (ou minutes) pour trouver la correspondance française.

Dernier exemple en date, cet après midi j'étais en cours en train de traduire un texte anglais en français. Vous allez me demandez, mais pourquoi est ce que tu devais traduire un texte en français dans ce master ? Et bien en réalité, je n'écoutais pas, donc j'en profitais pour avancer un projet. Pour ce projet j'avais copier/coller un texte d'Internet et je le traduisais en français pour le retraduire en anglais afin qu'on ne voit pas qu'il vienne d'Internet.

Bref, je le traduisais, et je dois dire que j'avais du mal. Non pas que je ne comprenais pas ce qui était marqué en anglais, mais je ne trouvais pas la correspondance française immédiatement.

A un moment je tombe sur le mot « trust ». Je cherchais comment le traduire en français. Je me suis dis, si je prend l'exemple de « i trust you » je traduis ça par... « je te crois ». Mais je voyais bien que ça ne correspondait pas exactement. Finalement, une fois revenue devant mon dictionnaire, j'ai pu chercher le mot et le traduire par « confiance ».

« I trust you : j'ai confiance en toi. »

Vous allez me dire, mais pourtant c'est un mot très simple, comment as-tu pu l'oublier ? Je pense que les oublis comme ça ne viennent pas vraiment des mots eux-mêmes mais de la structure et du rythme des phrases.

Je m'explique :

« I trust you »: 3 mots

« Je te crois »: 3 mots

« J'ai confiance en toi »: 5 mots et l'utilisation du verbe avoir et d'un nom.

Inconsciemment, je voulais traduire mon « I trust you » par une phrase de trois mots, sans le verbe avoir et sans nom.

Deux autres exemples : en écrivant ce texte, 2 mots sortaient en anglais et j'ai du chercher sur le dictionnaire la traduction en français pour savoir comment les dire :

1. « Depuis quelques semaines, l'anglais commence à prendre le dessus sur le Français »,

       « Prendre le dessus » me venait en tant que « overtake »

2. « Et je dois dire que j'avais du mal »,

 « J'avais du mal », me venait en tant que « i was struggling »

 

Tout ça pour dire quoi, allez vous me demander ?

Tout d'abord, ce qui est surprenant c'est que j'utilise tous les jours le français, que ce soit en parlant avec les francophones ou en lisant des textes en français sur internet. Et pourtant il y a ce phénomène. Peut être s'agit il aussi de moi. Je ne suis pas très concentrée de nature, et je laisse peut être mon inconscient dicter mes pensées sans faire l'effort de me concentrer sur une langue.

 

Conclusion de tout ça.

Si j'étais vraiment dans un environnement 100% anglophone, c'est-à-dire si je n'écoutais, ne lisait, n'écrivait, ne parlait jamais français ; je pense qu'au bout de 1 an j'aurais beaucoup de mal à le réutiliser. Et au bout de 5 ans, je suis presque persuadée que je ne serais plus du tout capable de comprendre cette langue, du moins au début.

C'est donc étonnant de se dire que la langue que l'on pratique depuis notre plus jeune age, celle qu'on utilise sans même y penser, qui sert de base à notre réflexion et qu'on croit tellement ancrée en nous, pourrait devenir en si peu de temps une langue « étrangère ».

 

 

Voilà la réflexion que le mot « trust » m'a déclenché pendant le cours d'aujourd'hui. ^^

 

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J
C'est comme "riz glutineux, ça" ^^Marrant : sans baigner dans un environnement anglophone, j'observe un peu le même phénomène... Je passe quand même 90% de mon temps libre sur des sites anglais. Mais là où toi tu mets une barrière difficile à franchir, je pense le français et l'anglais comme un ensemble linguistique... Comme si powerful n'était pas la traduction de puissant, mais son synonyme. Tu vois ce que je veux dire ? Plus encore : pour moi, il y a parfois de grosses nuances entre un mot français et sa traduction anglaise et inversement. Je trouve que 'powerful' et 'puissant', ben c'est pas tout à fait pareil... Des fois j'aimerais utiliser 'powerful', parce que c'est pile ce que je veux dire mais je ne peux pas : j'écris en français et il se trouve que 'puissant', c'est pas le mot qu'il me faut. A l'extrême, il y a des mots que j'ai découvert en lisant en anglais, que je serais bien incapable de traduire en français ('jibe', par ex, ou 'doomed to') parce que pour moi, ils expriment une certaine idée, une certaine nuance qui n'a pas son équivalent dans notre langue.Autre chose : toi, tu t'attaches au rythme. Moi au sens (oui, je sais, c'est évident... mais attends la suite). Je pense que c'est aussi une question de personnalité et d'acquis : comme je fais du latin, j'ai lu des bouquins de linguistiques, j'écris, bref je dois avoir une tendance naturelle à disséquer, analyser les mots français comme anglais. Quand je veux traduire ou ne serait-ce que comprendre un mot que je connais pas, le premier reflexe c'est 1, le couper en morceau pour voir si c'est un assemblage (du genre overtake) ; 2, voir s'il a une étymologie latine/française/allemande que je serais susceptible de reconnaître ; 3, analyser la façon dont ça sonne ('gloomy' par ex, c'est assez transparent, je trouve) ; 4 , regarder le contexte. Là, je décompose mon cheminement de pensée, mais c'est un réflexe... Si vraiment je trouve pas et que le mot me parait important : dico. Bref, à partir de cette dissection du mot, je traduis en collant au plus près du sens. Par ex, toi, tu traduis "j'avais du mal" par "I was struggling", moi j'aurais pas fait ça. "j'avais du mal", c'est très neutre, il y a l'idée de difficulté, mais guère plus : "It was hard for me to...". Quant à 'Struggle', ce que ça m'évoque, c'est une personne qui bataille pour avancer dans une foule ou de la marmelade (oui oui, de la marmelade. Bienvenue dans mon cerveau malade), j'aurais traduit par : "j'ai bataillé pour"... (bon, "j'ai bataillé", ça m'évoque plus quelqu'un qui se débat dans les bras de qulqu'un d'autre, mais bon, on fait avec ce qu'on a... Tu aimes visiter mon cerveau atteint ?)Tu vois, je crois que c'est aussi pour ça que je préfère m'attacher à apprendre des langues romanes : ce que j'aime, c'est constater les ramifications, toutes les nuances, les façons dont elles ont évolué par rapport au latin... Le peu que je sais de luxembourgeois, j'ai aimé le rapprocher le mettre en rapport avec l'histoire du pays, partagé entre culture germanique et française. Les chiffres, par ex, c'est les chiffres allemands prononcés à la française. Quant à l'anglais, c'est pas une langue romane mais germanique, mais la cour ayant longtemps parler français, il y a beaucoup de restes... C'est marrant de constater que les mots issus du français sont aussi les mots de la diplomatie, de la noblesse, de la guerre et que les mots typiquement germanique sont plutôt ceux de la paysannerie...Apprendre le japonais, j'y trouverais aucun intérêt : ça serait accumuler des connaissances, mais sans aucune possibilité d'analyse par rapport au français, ni au latin, ni rien. A part pour parler aux japonais parce que "watachi machin chose j'aime les japonais", mais moi j'aime que les grands bruns ténébreux à la peau mate, alors hein ^^J'aime la linguistique. :pPS : pour les verbes du premier groupe en -er (ex : chanter), la première personne du singulier ne prend pas de -s au présent de l'indicatif. Juste à titre informatif. ^^
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M
<br /> Je te répond en faisant un article (la chance^^)<br /> <br /> <br />